CES CHAMPIONNES AFRICAINES QUI PRÉPARENT PARIS 2024 (partie 1)

Photo Shutterstock / Jacob Lund

PAR MERLIN DEMANGEL. Extrait du WOMEN SPORTS AFRICA N°6.

AFRIQUE DU SUD

Tatjana Schoenmaker, championne au grand cœur

Tatjana Schoenmaker – Photo by Icon Sport

La plus grande chance pour l’Afrique du Sud réside certainement en Tatjana Schoenmaker. En brasse, la nageuse a obtenu les médailles d’or en 2015 au 50, 100 et 200 m aux Jeux africains de 2015 et l’or en 100 et 200 m aux Jeux du Commonwealth de 2018. À 24 ans elle décroche la médaille d’or en 200 mètres brasse et la médailles d’argent en 100 m brasse des JO de Tokyo. Avec le record du monde sur 200 m, la nageuse sera la grande favorite sur cette distance en brasse pour les Jeux Olympiques de Paris en 2024.

En plus de ces exploits dans l’eau, la nageuse rayonne en dehors des piscines. En effet, elle a lancé en octobre 2021 sa fondation pour rendre à la communauté tout ce qu’elle lui a donné. Elle a récolté plus d’un million d’euros en trois jours pour aider les jeunes Sud-Africains à atteindre leurs rêves et réaliser leur potentiel.

Kaylene Corbett aura aussi toutes ses chances d’obtenir une médaille au 200 mètres brasses aux Jeux Olympiques de Paris. Médaillées d’or aux jeux africains de 2019 en 50, 100 et 200 mètres brasse, elle a terminé à la 5e place aux Jeux Olympiques de Tokyo. Du haut de ses 23 ans, la native de Bloemnfontein est très prometteuse et sera aussi une concurrente très sérieuse pour la médaille.

Kaylene Corbett (RSA) By Icon Sport

Pour le 50 mètres brasses, les Sud-Africaines peuvent compter sur la nouvelle crack qui a battu Schoenmaker aux Jeux du Commonwealth 2022 : Lara van Niekerk.

Lara van Niekerk – Photo by Icon sport

L’autre médaillée Sud-Africaine de Tokyo est Bianca Buitendag. À 28 ans, la surfeuse a obtenu la médaille d’argent aux Jeux Olympiques après avoir échoué en finale contre l’Américaine Carissa Moore. Elle reviendra donc pour les Jeux de Paris en 2024 et aura à cœur de repartir, cette fois-ci, avec la médaille d’or.

Bianca Buitendag (RSA) – Photo by Icon Sport

Si le milieu aquatique reste leur domaine de prédilection, les Africaines du Sud auront aussi un coup à jouer sur les pistes. En effet, la cycliste de 37 ans, Ashleigh Moolman-Pasio a récemment montré de belles performances. Mais c’est certainement sa disciple Frances Janse van Rensburg qu’il faudra le plus surveiller. La coureuse cycliste de 21 ans est championne d’Afrique du Sud en 2022 en course en ligne.

Ashleigh Bergen – Photo by Icon Sport
Frances Janse Van Rensburg – Photo by Icon Sport

ALGÉRIE

Sur piste ou dans les dojos, les Algériennes auront un coup à jouer à Paris !

Loubna Benhadja, 21 ans, représente certainement l’un des plus grands espoirs de médailles algérien. En effet, en 400 mètres haies, la native de Bida est en pleine montée en puissance depuis sa deuxième place aux Jeux Olympiques de la Jeunesse en 2018 à Buenos Aires. En effet, en senior depuis ses 17 ans, l’athlète a terminé 3e aux Championnats panarabes et aux Championnats d’Afrique juniors en 2019 avant de battre son record personnel et obtenir une deuxième place aux Championnats panarabes de Radès en 2021.

Dans les sports de combat, on peut d’abord parler de la judoka Sonia Asselah, qui à 30 ans a terminé 17e au JO de 2020 dans la catégorie plus de 78 kg. Elle obtient aussi la médaille d’argent aux Championnats d’Afrique de 2020 et 2021.

D’autre part, la karatéka Franco-Algérienne Lamya Matoub de 31 ans est aussi très prometteuse. Dans les moins de 68 kg, la native de Saint-Denis a un palmarès absolument impressionnant, avec 28 médailles d’or depuis 2010 dans différentes compétitions. Elle aura l’occasion de montrer aux sélectionneurs français qu’ils ont eu tort de la lâcher en 2014.

Lamya Matoub – Photo : Nolwenn Le Gouic / Icon Sport

ANGOLA

Les « Perles » angolaises dominent en Afrique et visent plus haut. L’équipe de handball féminine d’Angola est absolument bluffante, avec 14 médailles d’or aux championnats d’Afrique des nations, 7 médailles d’or aux Jeux Africains, les handballeuses angolaises rayonnent en Afrique. L’équipe appelée « The Pearls » aura des preuves à faire au niveau international. Avec une élimination en groupe des Jeux Olympiques de 2020 malgré une 5e place, les joueuses auront à cœur de faire mieux à Paris en 2024.

Marilia Jacita Jose QUIZELETE – Angola (Photo by Hugo Pfeiffer/Icon Sport)

La nageuse Catarina Sousa est aussi un grand espoir du sport angolais, avec un record d’Angola en 4 fois 200 mètres et 4 médailles de bronze dans différentes disciplines en natation en Championnats d’Afrique de natation 2021.

BÉNIN

Ahounwanou, déchue des Championnats du monde pour un Visa, sera revancharde en 2024. Celle qui incarne le Bénin aux Jeux Olympiques, c’est Odile Ahouanwanou. Championne d’Afrique en heptathlon en 2022 à 31 ans, l’athlète est probablement le plus grand espoir de performance pour le Bénin pour les Jeux Olympiques de Paris en 2024. Cependant, Odile Ahouanwanou a été privée des derniers championnats du monde d’athlétisme aux États-Unis car elle n’a pas obtenu de visa. Dès lors, l’heptathlonienne aura à cœur de montrer tout son potentiel à Paris, et devra faire mieux que sa 15e place à Tokyo.

Odile Ahouanwanou (BEN) – Photo by Icon Sport

Encore en construction, la jeune nageuse Nafissath Radji de 20 ans est certainement déjà en train de préparer les Jeux de Paris. « Nafifi » avait représenté le Benin à Tokyo. Elle détient le record du 50 m brasse du Bénin avec 41 secondes 13.

BOTSWANA

L’ascension fulgurante de Moyengwa, la montagne botswanaise. Magdeline Moyengwa, 21 ans, est une réelle pépite pour le Botswana. La jeune haltérophile en moins de 59 kg est en pleine ascension. Elle a fini à la 3e place aux Championnats d’Afrique 2021 pour sa première compétition en senior à 20 ans. En plus de cela, la Botswanaise a participé aux Jeux de Tokyo et a terminé avec une honorable 13e place.

Les athlétes Galefele Moroko (25 ans) et Christine Botlogetswe (27 ans) – en bas – représenteront les espoirs botswanais en athlétisme, toutes deux sur 400 m.

BURKINA FASO

Entourée par les plus grands, Marthe Koala vise les sommets de l’heptathlon. Du haut de ses 28 ans, Marthe Koala est l’athlète féminine la plus en vue au Burkina Faso. L’athlète est très performante en heptathlon avec des médailles d’or en 2019 aux Jeux africains et aux Championnats d’Afrique de 2016 et 2014. Elle performe aussi en saut en longueur avec une victoire aux Championnats d’Afrique 2022, et au 100 m haies avec une médaille d’argent aux Jeux africains en 2019. Déçue à la suite de son élimination aux portes de la finale des JO de Tokyo, Koala s’est entourée des stars Teddy Tamgho et Hugues Fabrice Zango pour préparer Paris 2024.


Marthe Koala (BUR). Photo: GEPA pictures/ Oliver Lerch/ Icon Sport

Elle sera accompagnée d’Angelika Sita Ouédraogo (29 ans) pour les Jeux de Paris. La nageuse burkinabaise avait participé aux Jeux Olympiques de Tokyo.

BURUNDI

L’argent en 800m, ce n’est pas assez pour Niyonsaba ! Elle vise le podium en 10km. Au Burundi, le plus grand espoir porte probablement le nom de Francine Niyonsaba. A 29 ans, elle avait terminé 5e au 10km des Jeux Olympiques 2020. Habituellement championne du 800m avec une médaille d’argent aux JO de Londres en 2017, l’athlète semble s’être orientée vers des courses plus longues et ira chercher le podium en 5 et 10 kilomètres à Paris.

Paris, Leichtathletik, IAAF Diamond League, meeting de Paris, on June 30, 2018 at Stade Charlety, Paris, Francine Niyonsaba, 800m. Photo : Chai von der Laage / Icon Sport

L’autre sportive qui a fait vibrer tout le Burundi, c’est Ornella Havyarimana. La boxeuse de 28 ans en catégorie mouche enchaine les belles performances. Il s’agit de la première boxeuse professionnelle de l’histoire du Burundi.

CAMEROUN

Jeanne Gaëlle Eyenga :« Tout a commencé comme un jeu, mais je finis par prendre goût. » Jeanne Gaëlle Eyenga est l’étoile du Cameroun. À 23 ans, l’haltérophile est absolument prodigieuse, appelée à 19 ans par la fédération camerounaise, elle ramène trois médailles d’argent aux Jeux Africains de Rabat en 2019. Deux ans plus tard à Nairobi, c’est avec trois métaux d’argent qu’elle repart des Championnats d’Afrique d’haltérophilie. Elle sera peut-être accompagnée à Paris de celle qui l’a suivie dans sa progression, Clémentine Meukeugni (32 ans), qui avait elle aussi participé aux JO de Tokyo dans la catégorie -87 kg.


Ayuk Otay Arrey Sophina

Si les haltérophiles sont prodigieuses, ce sont aussi les judokas Paris Ayuk Otay Arrey Sophina (29 ans) et Hortence Vanessa Mballa Atangana (31 ans) qui auront leur chance à Paris, respectivement en -70 kg et en plus de 78 kg.

CAP-VERT

Sandrine Billiet : « Je veux rendre au Cap-Vert tout ce qu’il m’a offert ». Sandrine Billiet (32 ans), est une judoka d’origine belge mais qui a été adoptée par le Cap-Vert. Dans le cadre de ses recherches, la native de Bruges habite au Cap-Vert depuis longtemps et obtient finalement la nationalité. Elle rayonne par ses performances sportives dans le judo africain avec des médailles en moins de 63 kg, la catégorie de la championne française Clarisse Agbégnénou.

Clarisse AGBEGNENOU (FRA) et Sandrine BILLIET (CAP-VERT) (Photo by Anthony Dibon/Icon Sport)

Jayla Pina (18 ans), nageuse en 100 m brasse féminin, sera l’autre figure féminine du Cap-Vert. La nageuse est accompagnée de son frère Troy, et de sa sœur Latroya tous deux nageurs représentants du Cap-Vert dans les plus grandes compétitions internationales.

Jayla Pina (Jim Davis/Globe Staff)

CÔTE D’IVOIRE

« Petite, je faisais la bagarre, ma mère m’a inscrite pour qu’on puisse me frapper. Aujourd’hui, je suis une championne et elle est fière de moi ! » Ruth Gbagbi, du haut de ses 28 ans, est sans aucun doute une des athlètes les plus en vue en Afrique. L’Ivoirienne est une championne de Taekwondo dans la catégorie -67 kg. Si elle a déjà prouvé à son pays qu’elle l’aimait avec une belle médaille de bronze aux JO de Tokyo, elle déclare même : « Il faut que je partage mon expérience aux plus jeunes pour qu’ils puissent dépasser le niveau que j’ai aujourd’hui ». Très suivie par la jeunesse ivoirienne, Ruth Gbagbi a grandement participé à la démocratisation du taekwondo dans le pays (16 000 à 46 000 licenciés en 10 ans).

Cet héritage, elle le transmet directement, notamment en accompagnant la très talentueuse Aminata Charlène Traoré (23 ans), qui a même terminé 5e aux JO et représente une réelle chance de médaille.

Un autre grand espoir pour la Côte d’Ivoire, c’est la coureuse Marie-Josée Ta Lou. L’athlète de 33 ans a longtemps été la tête d’affiche de l’athlétisme dans son pays, et si elle commence à prendre un peu d’âge, elle a tout de même terminé 4e au 100 m et 5e au 200 m lors des derniers Jeux Olympiques.

En athlétisme, Murielle Ahouré-Demps est aussi un bel espoir de médaille. Quadruple championne du monde sur les épreuves de sprint en 60 m, 100 m et 200 m et championne du monde en salle du 60m en 2018, l’Ivoirienne n’a jamais réussi à briller aux Jeux Olympiques. A 35 ans, elle devrait disputer sa dernière édition des Jeux à Paris.

Ruth Gbagbi – Photo by Icon Sport

Aminata Charlene Traore – Photo by Icon Sport
Marie-Josee Ta Lou – Photo by Icon Sport

DJIBOUTI

Seule femme à Tokyo, Zourah Ali est l’espoir du Djibouti. A 28 ans, Zourah Ali, aussi appelée Souhra Ali Mohamed est la seule athlète féminine ayant représentée son pays, le Djibouti, aux Jeux Olympiques de Tokyo en 2020. Si elle avait déjà participé aux 400m des Jeux de Londres en 2012, elle avait terminé 44e. Il s’agit de la seule athlète féminine Djiboutienne, soutenue par la Garde Républicaine, soit par le pouvoir en place. Elle s’est donc rendue aussi aux JO de 2020, où elle n’a pas réussi à sortir des séries des 1500 m.

Zourah Ali / Djibouti (Photo by Adam Pretty/Getty Images)

ÉGYPTE

Feryal Abdelaziz et Giana Farouk, première médaillée d’or de l’histoire de l’Égypte et « The Karate Queen » Quel record pour la karateka égyptienne ! À 22 ans, Feryal Abdelaziz a remporté la médaille d’or aux Jeux Olympique de Tokyo en 2020, alors que c’était la première fois qu’elle participait à une édition des JO. Grande favorite dans les poids lourds (+61kg), l’Égyptienne a toujours pu compter sur le soutien de sa mère pour l’aider dans sa discipline, et elle fut même la première remerciée lorsqu’elle a récupéré la médaille d’or : « Je voudrais remercier tous ceux qui ont crus en moi, ma mère en particulier. »

Feryal ABDELAZIZ (Photo by Anthony Dibon/Icon Sport)

À ses côtés, il y a la « Karate Queen » Giana Farouk, 27 ans. La poids moyen vient pour la médaille d’or à Paris.

Les deux karatekas ont longtemps attendu le jour où leur discipline deviendrait olympique. En effet, lorsque cela est arrivé en 2016, Giana Farouk a déclaré : « Je ne pouvais pas être plus heureuse, c’est un rêve qui devient réalité. Toute ma vie j’ai espéré que le Karaté soit en sport Olympique et, en 2016 lorsqu’il a été inclus pour les Jeux de Tokyo, je me suis dit ‘C’est maintenant, c’est le moment, je dois le faire’ ».

Les sports de combats semblent sourire aux athlètes égyptiennes. En effet, après le karaté, c’est au tour du taekwondo de se faire dominer par une Égyptienne. Hedaya Wahba, du haut de ses 29 ans, est absolument splendide sur les tatamis. Elle a obtenu une médaille de bronze aux Jeux Olympiques de 2020 et ne compte pas s’arrêter là.

Hedaya Wahba (EGY) – Photo by Icon Sport

C’est enfin en escrime que les Égyptiennes peuvent performer. 8es au fleuret par équipe aux Jeux Olympiques de 2020, Yara El-Sharkawy, Noha Hany, Noura Mohamed et Mariam El-Zoheiry sont des championnes dans le maniement de l’épée.

ERYTHRÉE

Une jeunesse en feu pour l’Erythrée. L’Érythrée va se baser sur sa jeunesse pour les Jeux Olympiques à venir. En effet, deux athlètes avaient participé aux Jeux Olympiques de Tokyo en 2020 et les deux n’avaient pas plus de 23 ans. La première est une coureuse de longue distance, Dolshi Tesfu. A 23 ans, la jeune Erythréenne a clairement montré un très beau visage lors de cette dernière édition, puisqu’elle a obtenu une 15e place. Très grand espoir, elle a obtenu une 8e place aux championnats du monde U20 et est aujourd’hui la plus grande athlète d’Erythrée.

Elle est accompagnée d’une pépite, Rahel Daniel. À 21 ans, la coureuse de 5 000 mètres explose tous les records puisqu’elle est, à l’heure actuelle, la détentrice du record national sur la distance.

ESWATINI

« The Young Robyn », seule Eswatinienne à Tokyo. Seule représentante de l’Eswatini aux Jeux Olympiques de 2020, Robyn Young (22 ans) est une nageuse très talentueuse. Après avoir participé aux compétitions les plus prestigieuses de natation, comme les championnats du monde ou les jeux olympiques juniors, Robyn Young s’est lancée dans le grand bain à Tokyo. Elle devrait être du voyage à Paris en 2024.

ETHIOPIE

Les Antilopes Walya, meilleures coureuses du monde, sont en Éthiopie ! De beaux jours sont encore à écrire pour les athlètes éthiopienne. En effet, après avoir ramenées deux médailles de bronzes des Jeux Olympiques de 2020 à Tokyo, les très talentueuses Letesenbet Gidey et Gudaf Tsegay seront des concurrentes pour l’or à Paris.

Gudaf Tsegay, 24 ans, est en train de tout exploser sur la scène internationale. L’athlète sur 1500 mètres et 5 000 mètres est la meilleure du monde à l’heure actuelle. Elle a terminé première aux championnats du monde classique et en salle en 2022, qui se sont respectivement déroulés à Belgrade et Eugene. Alors qu’elle a aussi battu le record du monde en salle du 1500 m en 2021, avec un temps de 3 min 53 sec 09, la coureuse semble être aujourd’hui plus en forme que jamais et rien ne pourra l’arrêter aux Jeux Olympiques de Paris. Dans un contexte particulièrement difficile en Éthiopie, où la guerre fait rage depuis plusieurs mois, l’athlète Gudaf Tsegay est une des lumières du pays.

Gudaf Tsegay – Photo by Icon sport

Letesenbet Gidey, 25 ans, a aussi ramené une médaille à la maison des derniers Jeux Olympiques. Elle a remporté le bronze aux 5 000 m et performe aussi très bien lors des dernières compétitions puisqu’elle est aussi championne du monde en titre après sa victoire en 2022 à Eugène. Par ailleurs, elle détient les records du monde en 5 000 m, en 10 000 m et en semi-marathon.

Letesenbet Gidey – Photo by Icon Sport

Roza Dereje, 25 ans, veut aussi écrire son nom dans l’histoire de l’Éthiopie. Entourée de 4 frères et sœurs, ce sont ses parents qui l’ont poussée à courir quand ils ont vu que la jeune Roza était impressionnée par les exploits des Ethiopiennes Derartu Tulu et Tirunesh Dibaba, qui ont marqué toute une génération d’Éthiopienne. Roza Dereje remporte une grande quantité de marathon, comme celui de Shangai en 2016 et 2017, celui de Dubaï en 2018 avant de finir 2e puis 3e aux prestigieux marathons de Chicago et Londres avant de battre son record en remportant le marathon de Valence en 2 h 18 min 30 sec, faisant d’elle la 8e femme la plus rapide de l’histoire. Elle s’est malheureusement arrêtée au pied du podium à Tokyo en terminant 4e du marathon.

Roza Dereje – By Icon Sport

Freweyni Hailu s’est aussi arrêtée au pied du podium. Coureuse de 1 500 m, l’athlète de 21 ans bat de nombreux records de précocité. 4e aux Jeux Olympiques de Tokyo, elle a tout pour continuer à monter en puissance et ramener une médaille des Jeux de Paris en 2024. De plus, elle a déjà montré sa progression en terminant 4e aux Championnats du monde à Eugene en juillet 2022.

Habitam Alemu, détentrice du record national de 800 mètres, avait échoué à la 6e place à Tokyo. A 25 ans, elle aura encore l’occasion de défendre son pays à Paris, et tentera d’aller chercher une médaille cette fois.

Habitam Alemu – Photo icon Sport

GABON

Diplômée de HEC, Sarah Myriam Mazouz excelle aussi au Judo. Née d’un père Algéro-Canadien et d’une mère Algérienne au Gabon, la judoka Sarah Myriam Mazouz est une figure sportive du Gabon depuis de nombreuses années. Après des études très réussies au Canada, notamment avec un diplôme en management du sport à HEC Montréal, Sarah est devenue la star du judo au Gabon. A 35 ans, sa carrière est déjà remplie de nombreux trophées. Elle a obtenu en tout 3 médailles d’or, 2 médailles de bronze et 3 médailles d’or dans différentes compétitions mondiale ou continentale. Éliminée dès son premier combat à Tokyo, elle sera revancharde à Paris.

Pour l’épauler, elle sera accompagnée de la très prometteuse Aya Mpali (18 ans), qui était l’une des plus jeunes athlètes ayant participé aux Jeux Olympiques de Tokyo en 2021. Nageuse prometteuse en 50 m nage libre, elle a malheureusement échoué aux séries avec une 77e place.

Aya Mpali – Photo Icon Sport

GAMBIE

La femme la plus rapide d’Afrique est Gambienne : Gina Bass. Championne d’Afrique sur 100 mètres en titre suite aux Championnats d’Afrique de Saint-Pierre en 2022, Gina Bass est un joyau pour la Gambie. En effet, c’est la seule athlète féminine représentante de son pays et performe particulièrement bien depuis plusieurs années. Avec 3 médailles d’or continentales et une 6e place aux Championnats du monde en 2019, son élimination en demi-finale des derniers Jeux Olympiques est sans aucun doute une contre-performance pour la Gambienne. Consciente de sa domination sur le territoire africain, elle espéré que cela agira comme une source de motivation pour les Africaines : « Je sais que mon niveau est supérieur à ceux de mes concurrentes. Je pense que ça peut les aider. Quand tu cours contre plus fort que toi, c’est très motivant et ça peut les pousser davantage pour pourquoi pas aller décrocher un titre de champion d’Afrique ». Prodigieuse sur la scène africaine, son objectif est désormais de rayonner au niveau mondial, et les Jeux Olympiques de Paris semblent en être la parfaite occasion !

Gina BASS (Photo by Hugo Pfeiffer/Icon Sport)

GHANA

Championne d’Afrique de saut en hauteur au bout du fil, la prodigieuse Rose Yeboah arrive en force à Paris. À 20 ans, Rose Yeboah a surpris tout le monde au Championnat d’Afrique en 2022 lorsqu’elle a obtenu une médaille d’or avec un saut à 1 mètres 79. Il s’agissait de sa deuxième compétition internationale en senior et elle a encore prouvé à toute l’Afrique qu’elle avait les capacités de représenter le continent au plus haut niveau mondial. En effet, en 2019, à 17 ans elle a aussi obtenu une médaille d’or aux Jeux Africains de Rabat. Dès lors, tout indique que Rose Yeboah représentera le Ghana lors de la prochaine édition des Jeux Olympiques, et tout semble pointer vers une belle performance.

Avec elle à Paris, il y aura probablement Unliez Takyi, qui à 17 ans, avait déjà participé aux Jeux Olympiques de Tokyo mais qui n’avait pas réussi à passer les séries du 50 mètres nage libre.

Enfin, c’est peut-être Nadia Eke, 29 ans, qui sera présente aux Jeux Olympiques de Paris puisqu’elle est rentrée très frustrée de Tokyo. Porte drapeau du Ghana, Eke est la championne d’Afrique de triple saut en 2016 mais n’a pas pu participer à la compétition à Tokyo en raison d’une blessure lors des derniers entrainements.

GUINÉE

Proche du drame aux derniers Jeux Olympiques, la Guinée sera remontée pour Paris. En juillet 2021, la Guinée a failli connaître un drame en annulant sa participation aux Jeux Olympiques de Tokyo en raison d’une « recrudescence de variants de la Covid-19 ». La lutteuse Fatoumata Yarie Camara (26 ans) avait en outre menacé de refuser de participer tant qu’elle ne touchait pas ses primes. Finalement, un accord a été trouvé entre le Comité des sports olympique guinéen et le ministère des Sports, avec l’aide du Japon, pour que la Guinée participe finalement à la compétition. Fatoumata Yarie Camara a performé et obtenu une jolie 12e place.

A ses côtés, c’est la coureuse sur 100 mètres de 21 ans Aïssata Denn Conte qui sera certainement aussi présente à Paris.

GUINÉE-BISSAU

9 médailles d’or pour Taciana Cesar, véritable légende du judo Africain. Taciana Cesar est une judoka dans la catégorie -52 kg depuis 2001. Du haut de ses 38 ans, Cesar est une véritable légende du judo car elle a d’abord représenté le Brésil entre 2001 et 2011, où elle a obtenu une médaille d’or et trois médailles de bronzes aux championnats panaméricains avant de se naturaliser Bissau-Guinéenne en 2013 suite à son mariage. Elle représentera ensuite la Guinée-Bissau au plus haut niveau africain, notamment avec 8 médailles d’or et une médaille de bronze en compétition continentale. C’est logiquement la représentante de la Guinée Bissau aux Jeux Olympiques mais elle n’a jamais réussi à vraiment performer au niveau international, tant la concurrence est rude. Elle a tristement échoué au premier tour des Jeux Olympiques de Tokyo en 2020 mais aura une dernière cartouche à jouer à Paris en 2024 pour prouver au monde entier que l’Afrique peut aussi rayonner dans le judo !

GUINÉE ÉQUATORIALE

Seule femme équatoguinéene à Tokyo, Alba Mbo Nchama continue de monter en puissance

Lors des Jeux Olympiques de Tokyo en 2021, la Guinée Equatoriale n’a décidé d’envoyer qu’une seule athlète féminine pour les représenter. C’est donc Alba Mbo Nchama qui, à 18 ans, a eu la lourde tâche de représenter toutes les athlètes équatoguinéenes. Aujourd’hui avec une expérience plus importante, l’équatoguinéene de 19 ans prépare en force les Jeux Olympiques de Paris.

KENYA

Double championne Olympique, championne du monde Faith Kipyegon : « Je veux être une superstar ». Championne du monde en 2017 et en 2022, Faith Kipyegon est aujourd’hui, à 29 ans, une véritable star au Kenya. Elle est l’idole de tout un peuple par tout ce qu’elle a déjà accompli mais elle a maintenant un nouvel objectif : « devenir une superstar ». En effet, elle n’est toujours pas satisfaite de sa carrière puisqu’elle n’a pas encore obtenu ce titre de « femme la plus rapide de l’histoire » sur 1 000 et 1 500 mètres. Aux championnats du monde 2022, où elle pensait avoir battu le record du monde en 1 500 m mais se retrouve finalement avec le deuxième temps… à 3 dixièmes de seconde !

Faith Kipyegon / Kenya – Photo by Icon Sport

L’autre Kenyane qui va tout rafler à Paris, c’est sans doute Peres Jepchirchir, marathonienne championne olympique en titre. Après sa médaille d’or à Tokyo, elle a d’ailleurs enchainé avec une première place au marathon de New York, couru en 2 h 22 min 39 sec. Celle qui lui mettait des étoiles dans les yeux quand elle était petite était Tegla Loroupe, la première Kenyane à avoir remporté le marathon de New York en 1994. Peres Jepchirchir fait mieux que son modèle !

Cependant, pour la joie de tous les Kényans, la plus grande concurrente de Peres Jepchirchir est aussi du pays de la « montagne de l’autruche ». Celle qui a obtenu la médaille d’argent au marathon lors des Jeux Olympiques de Tokyo est Brigid Kosgei (28 ans). La Kenyane a aussi bien enchaîné puisqu’elle a remporté le Marathon de Tokyo en ce mois de mars 2022. Par ailleurs, c’est aussi elle qui détient le record du monde en marathon avec un temps de 2 h 14 min 4 sec lors du marathon de Chicago en 2019.

Brigid Kosgei (KEN) et Peres Jepchirchir (KEN) – Photo by Icon Sport

Citons aussi Hellen Obiri (33 ans) et les jeunes Beatrice Chebet (22 ans) et Agnes Jebet Tirop (25 ans). Toutes trois concourent en 5 000 mètres et la première est l’une des plus grandes athlètes du pays. Obiri a obtenu lors des derniers Jeux Olympiques une médaille d’argent mais est aussi la championne du monde de 2017 et de 2019.

Hellen Obiri – Photo by Icon sport

Mary Moraa est aussi une jeune athlète (22 ans), très prometteuse qui prépare les Jeux de Paris.

Mary Moraa / Kenya – Photo by Icon sport

Enfin, n’oublions pas Hvin Jepkemoi et Beatrice Chepkoech, spécialistes du 3 000 mètres steeple. La première est, à 30 ans, la médaillée de bronze lors des derniers Jeux Olympiques de Tokyo. La seconde détient le record du monde en 3 000 m steeple.

Hyvin Kiyeng Jepkemoi – Photo Icon Sport

Retrouvez la 2ème partie dans le prochain de Women Sports Africa à paraître le 1er juillet prochain !

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